En 2023, 94 % des entreprises européennes de plus de 250 salariés utilisent au moins un service de cloud. Pourtant, moins d’un tiers exploitent pleinement ses capacités avancées, selon Eurostat.Le décalage entre la généralisation du cloud et la prudence dans son usage avancé s’explique par la persistance de mythes, de doutes sécuritaires ou de contraintes réglementaires. Trois caractéristiques clés méritent une attention particulière pour comprendre ce qui distingue réellement le cloud computing des solutions traditionnelles.
Le cloud computing, c’est quoi au juste ?
On entend souvent parler de cloud computing, sans toujours saisir ce que recouvre cette transformation profonde de l’informatique d’entreprise. Les salles remplies de serveurs appartiennent désormais au passé. Désormais, les ressources informatiques, calcul, stockage, logiciels, s’obtiennent à la demande, par simple connexion à des fournisseurs de services cloud.
Pour mieux s’orienter, il existe plusieurs grands modèles de cloud :
- Cloud public : ici, les ressources sont partagées entre plusieurs entreprises, comme c’est le cas chez de grands acteurs généralistes.
- Cloud privé : cette fois, une seule structure bénéficie d’infrastructures sur-mesure, parfois hébergées à l’interne, parfois chez un prestataire.
- Cloud hybride : une combinaison qui permet de jongler entre public et privé pour plus d’adaptabilité.
- Multi cloud : plusieurs fournisseurs sont sollicités, histoire de ne pas tout miser sur un seul acteur.
Le panorama des services cloud ne s’arrête pas là. Grâce à l’infrastructure as a service (IaaS), on peut louer facilement puissance de calcul et stockage, tandis que le software as a service (SaaS) donne accès à tous types d’applications sans rien installer en local. Cette flexibilité autorise tous les scénarios : d’un simple partage de fichiers à la gestion d’outils métiers vitaux.
Voilà pourquoi le cloud computing s’impose progressivement comme la base technologique de la transformation numérique, donnant aux services informatiques un niveau de réactivité inédit.
Pourquoi séduit-il autant d’entreprises aujourd’hui ?
Le cloud computing attire, et ce n’est pas un effet de mode. Pour nombre d’entreprises, les bénéfices en matière de réduction des coûts sautent aux yeux. Finis les achats disproportionnés de matériel, l’entretien permanent ou la crainte de matériel dépassé. Les fournisseurs majeurs facturent à l’usage, calibrant les ressources au plus proche des besoins réels.
Dans la réalité des décisions informatiques, on retient toujours trois leviers majeurs :
- Agilité : il suffit de quelques minutes pour déployer une application, ajuster l’espace de stockage ou amorcer un nouveau service.
- Flexibilité : il devient simple d’absorber une forte hausse d’activité, sans immobiliser tout un budget en anticipation d’un pic temporaire.
- Accès global : peu importe la localisation, les membres de l’organisation accèdent à l’essentiel, partagent et collaborent où qu’ils soient, quand ils en ont besoin.
La compétition n’accorde aucun répit et les entreprises recherchent désormais des partenaires aptes à garantir disponibilité et sécurité, en plus d’une gamme de services évolutive. Adopter le cloud computing, c’est aussi miser sur l’innovation et la croissance, dans un univers numérique qui ne connaît plus de frontières.
Trois avantages incontournables qui changent la donne
Sécurité et confidentialité des données
Protéger ses données devient un enjeu de tous les instants grâce aux outils du cloud computing. Les fournisseurs de référence multiplient les mesures : chiffrement, authentifications robustes, redondance géographique. En cas de souci, la reprise après sinistre assure la sauvegarde. Ici, les systèmes surveillent en continu les risques et respectent des standards élevés, ce qui rassure les organisations face à la multiplication des menaces informatiques.
Scalabilité et disponibilité
Adapter ses ressources à la demande réelle ? C’est devenu la norme. Que l’on souhaite étendre l’infrastructure, absorber des pics d’activité ou lancer un nouveau produit à l’international, tout devient beaucoup plus fluide. L’automatisation, la duplication de données sur différents sites et des interventions rapides garantissent la continuité des opérations dans presque toutes les circonstances.
Flexibilité des modèles et maîtrise des coûts
L’adaptation se joue aussi dans la gestion des budgets. Plateformes IaaS ou SaaS, chaque entreprise module sa consommation en temps réel. Le paiement à l’utilisation met fin aux achats superflus et redonne de l’oxygène aux budgets de l’IT, ouvrant la voie à de vrais choix stratégiques. Ce fonctionnement agile explique pourquoi les directions financières apprécient autant le modèle cloud.
Les limites à garder en tête avant de se lancer
Vigilance sur la sécurité des données et la confidentialité
Passer au cloud computing ne dispense pas d’un examen attentif sur la sécurité et la confidentialité. Externaliser ses informations, parfois hors des frontières nationales, soulève la question de la localisation et du respect des réglementations comme le RGPD. Le recours au cloud public ou au multi cloud exige une gestion affinée des accès et du périmètre sensible. Les entreprises ont donc tout intérêt à réaliser des audits réguliers et à éplucher la conformité des engagements de leurs prestataires.
Coûts à long terme et dépendance technologique
Le paiement à l’usage peut séduire. Pourtant, les coûts peuvent s’envoler avec le stockage massif de données, l’accumulation d’options ou d’utilisations imprévues. Changer de fournisseur de cloud, migrer des applications ou rapatrier ses informations n’a rien d’aisé : ce sont autant de pièges qu’il vaut mieux anticiper.
Pour naviguer sereinement, il convient donc de prendre en compte certains points parfois sous-estimés :
- Administration des licences logicielles et gestion des comptes utilisateurs
- Complexité liée à la migration d’applications ou à leur retour en interne
- Nécessité d’expertises spécifiques pour piloter du cloud hybride ou multi cloud
Connexion internet et continuité d’activité
S’appuyer sur les services cloud suppose tout simplement une connexion internet solide. La moindre défaillance peut interrompre l’activité ou priver momentanément d’accès aux données. Là où chaque seconde d’arrêt compte, mieux vaut prévoir des solutions d’appoint et évaluer parfaitement le risque lié au recours à des ressources déportées.
Le cloud computing a rebattu les cartes de l’informatique d’entreprise. Pour qui avance les yeux ouverts, il ouvre la voie à des approches informatiques plus dynamiques et moins bridées. Rien n’interdit alors de croire à une nouvelle dose d’audace numérique ?


